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Olivier Passieux

"Peintures récentes" du 06/11/2003 au 31/12/2003

Autre exposition

 

L’émotion éprouvée lors de la découverte de photos de familles inconnues, qu’il chine et collectionne, est la matière première du travail d’Olivier Passieux. Nous nous sommes tous, un jour, interrogés sur ces moments figés - présumés heureux -, même lorsqu’ils concernent des inconnus, car ces instantanés glacés nous ramènent à la fugacité du temps, à son saisissement impossible. Mais chez ce jeune artiste, (photo-) sensible, cette émotion déclenche un processus de ré-appropriation assez nouveau.
Le flou qu’il impose à ses peintures les apparente à ces images incertaines que le cerveau distingue mal et s’efforce de rendre plus nettes, traces ténues d’un passé personnel profondément enfoui et rejaillissant fortuitement, encore ouvertes à une multitude d’interprétations possibles.
L’acte pictural d’Olivier Passieux peut être vu comme une métaphore du processus de la mémoire qui filtre, abîme, use, efface la netteté des souvenirs, car elle agit concrètement sur les choses, elle les voile d’une certaine nostalgie, elle les brouille... avant le trou de mémoire.
Plongé dans une mythologie collective faisant écho à sa propre histoire, Olivier Passieux se réapproprie le cliché, le polaroïd, l’histoire de l’instant et les personnages ainsi éternisés pour les rendre accessibles, voire reconnaissables par chacun d’entre nous.
Ses formats souvent carrés, révèlent une composition picturale presque circulaire, rappelant le polaroïd. Ses images, peintes sur des toiles marouflées sur bois, sont incluses dans une résine epoxy épaisse et transparente. La matière plastique, coulée directement sur la toile peinte, est polie jusqu’à ce que la surface extérieure devienne une vraie « glace » et rende quasiment immatérielle la couche picturale (pourtant travaillée en matière, au pinceau, à la brosse ou même au doigt). L’hyper transparence ainsi créée donne à la composition un aspect « flottant » particulièrement énigmatique.
Pris à son tour, avec son reflet, dans cette « matière mémoire » évanescente, absorbé par le stratagème de l’artiste, trompé par la quiétude apparente des images diaphanes, le spectateur se retrouvera du même coup confronté aux mystères du temps qui se dérobe.

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