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P.J. Crook

"Objects of Desire" du 13/09/2008 au 31/10/2008

Autre exposition

 

La dernière exposition de Pamela Crook à la galerie Alain Blondel remonte à six ans. Six années au cours desquelles de nombreuses expositions lui ont été consacrées par le Melton Carnegie Museum en Angleterre, le Morohashi Museum of Modern Art au Japon, la Draakoni Gallerii de Tallin en Estonie. Elle a également collaboré avec le guitariste Robert Fripp (fondateur du groupe rock King Crimson) pour une exposition intitulé " Paradise, Paradise lost, Paradise regained " au Gloucester city Museum, conçue comme un dialogue entre les " soundscapes " du musicien et les retables en triptyques de Crook …

A côté des thèmes récurrents (les "Spiritual journeys ", les " Newspapers paintings ", les " Objects of Desire "), cette nouvelle exposition présentera pour la première fois les " Arabian paintings ", directement inspirés par un long séjour en Arabie Saoudite.

P.J. Crook est réputée pour son aptitude à peindre des tableaux qui atteignent la dimension sculpturale. Ses peintures s'écartent d'une simple représentation plane ; en utilisant, non pas les lois de la perspective formelle, mais une variété d'innovations qui semblent modifier la distance entre le tableau et l'observateur. Par exemple, les cadres sont généralement peints et intégrés à la composition, ce qui provoque un effet tridimensionnel. Le tableau gagne ainsi en intimité et en profondeur, il acquiert un statut presque scénique. Car c'est bien le théâtre de notre existence que décrit P.J. Crook…

Description ironique de l'actualité dans les " Newspapers paintings ", représentation sarcastique du consumérisme dans les " Objects of Desire ", évocation naïve des " Spiritual journeys " et des " Arabian paintings ". Avec ses chroniques de la vie quotidienne, Crook offre un kaléidoscope de situations symptomatiques engendrées par notre mode de vie actuel : frénésie de l'information qui concerne autant les conflits internationaux que la vie des people, étalage surabondant de produits couvés du regard comme des reliques sacrés. Compte-rendu d'un monde perdant le sens des limites, envahi par le trop-plein. Comme les encadrements du peintre qui ne contiennent plus la peinture, dépassés eux aussi par le mouvement continu à l'œuvre dans ces représentations.

Individualisés a minima, ses personnages sont toujours la partie d'un tout. Ils n'ont aucune espèce d'existence propre ; interchangeables, ils n'existent que par la foule anonyme ou par l'objet mercantile qui saura capter leur attention.

Bien que P.J. Crook peigne sans idée préconçue, guidée uniquement par son pinceau, un sentiment intrigant de décalage affleure pourtant à la surface. Vague réminiscence de l'enfance ou souvenir à préserver, son œuvre est une écriture distanciée, libre et parfois grotesque de la réalité. " Un fragment de temps immobile ", selon le peintre, un fragment magnifié dans un bel écrin de peinture.

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