Ayant étudié à la Hochschüle für Grafik und Buchkunst de Leipzig, Norbert Wagenbrett appartient à ce groupe de peintres que la critique a rassemblé sous le nom d' " École de Leipzig ". Revendiquant une certaine filiation avec " La Nouvelle Réalité " (Die Neue Sachlichkeit) des années 20, lui-même se caractérise par une attention particulière portée au "modèle vivant".
Depuis plus de deux décennies, Norbert Wagenbrett se consacre exclusivement au genre du portrait ; il a ainsi constitué une vaste galerie de citadins derrière lesquels la ville de Leipzig - mais ce pourrait être n'importe quelle métropole occidentale - apparaît en filigrane. L'acuité de son regard, tour à tour ironique, inquiet, compatissant ou complice, s'exerce dans l'extrême diversité des individus et des situations représentés : collégienne en promenade, lycéens jouant au billard, ouvriers à l'arrêt de bus, poissonnière au travail, couple bourgeois dans un vernissage, famille dans un parc d'attractions, son autoportrait dans son atelier
En représentant, spécimen après spécimen, l'intégralité du champ social, le peintre porte un regard critique, mais dénué de tout cynisme, sur des êtres qui, par la magie du medium pictural, deviennent des personnages en représentation de leur propre vie. D'où cet accent si frappant de vérité. Ayant subi les fractures de l'histoire de l'Allemagne de l'Est, ses personnages réagissent différemment au nouveau contexte politique de leur pays ; et Wagenbrett dépeint autant leur fragilité existentielle que l'incertitude de leurs conditions socio-économiques ; lesquelles sont universelles.
C'est là que l'option, réputée si étroite, du portrait prend toute sa signification : par l'utilisation de symboles indiquant l'appartenance identitaire de l'individu (tenue vestimentaire, coupe de cheveux, attitudes, etc.), Wagenbrett parvient à créer des types, voire des archétypes sociaux. De ces portraits d'individus isolés ou en groupe, il se dégage une impression attachante mais aussi une conscience de leurs difficultés multiples et quotidiennes. Par son habile analyse des rapports humains et sa grande sensibilité sociale, Wagenbrett ne raconte pas les affres d'une génération en particulier. À l'instar d'un chroniqueur sensible, il propose plutôt une vision complexe d'un moment de notre histoire. A sa manière, Wagenbrett nous tend "un autre miroir". Radicalement différent des images véhiculées par les médias ordinaires.
Biographie
Né en 1954 à Leipzig (RDA), Wagenbrett a suivi des études à la Hochschüle für Grafik und Buchkunst de Leipzig auprès de Arno Rink, Wolfgang Peuker, Volker Stelzmann et Sighard Gille.
En 1988, il expose dans le pavillon allemand lors de la 43ème Biennale de Venise et reçoit un an plus tard à Vienne le Prix Irene et Peter Ludwig. Depuis, il expose régulièrement en galerie et lors de foires internationales.
Principales expositions
1998 Galerie Nikolaus Fischer, Frankfurt am Main
1984 Junge Künstler der DDR, Altes Museum Berlin
1987 Studio Bildende Kunst, Berlin
1988 43ème Biennale de Venise
1989 Konturen, Werke seit 1949 geborener Künstler der DDR, Nationalgalerie, Berlin
1992 Face to face - the Art of portrait in former East-Germany, Ludwig Institut Oberhausen, Oxford, Cambridge, Manchester, Middlesbrough, Glasgow
1993 Galerie Nikolaus Fischer, Frankfurt am Main
1994 Galerie Nikolaus Fischer, Frankfurt am Main
1995 FIAC, galerie Alain Blondel
1996 ART Frankfurt
Galerie Nikolaus Fischer, Frankfurt am Main
1997 Lust und Last, Museum der Bildenten Künste, Kunsthalle der Sparkasse Leipzig
1998 Galerie Nikolaus Fischer, Frankfurt am Main
2001 Die Leipziger Schüle blick in die Sammlung/1, Kunsthalle der Sparkasse Leipzig
2002 Die Leipziger Schüle blick in die Sammlung/2, Kunsthalle der Sparkasse Leipzig
2003 Kunst in der DDR, Neue Nationalgalerie Berlin
2004 Die Leipziger Schüle blick in die Sammlung/4, Kunsthalle der Sparkasse Leipzig
2005 Die Leipziger Schüle blick in die Sammlung/5, Kunsthalle der Sparkasse Leipzig