Sculpteur anglais, né en 1967, Paul DAY, installé en Bourgogne depuis 1992, pratique la technique de la terre cuite et réalise des bas- ou plutôt des hauts-reliefs dans l'argile rouge "terra cotta".
Il sculpte, dans la matière, des personnages, des architectures, des autoroutes urbaines, des villes foisonnantes, des foules... Il s'imprègne d'histoires ordinaires et singulières, celles de l'homme dans la rue d'une ville, ou bien, il revisite les événements marquants de l'histoire d'un lieu, comme cette fresque longue de plus de vingt mètres, intitulée "La Comédie Urbaine", chroniquant les "mémoires" de la ville de Bruxelles et présentée, en 2001, dans les Galeries Royales Saint-Hubert, dans l'espace Cluysenaar.
Paul DAY étudie en profondeur, pendant des mois entiers, chaque recoin d'une ville, son ambiance, ses habitants, ses bâtiments, pour en comprendre et s'en imprégner, depuis son histoire, son folklore, sa situation, et en donner une interprétation personnelle et percutante, déployée comme une frise historique et quotidienne, abordée telle une épopée.
Il comprime ou éclate la perspective et déforme la vision de l'espace, en fonction des effets psychologiques et émotionnels recherchés.
Dans une sorte de tri-dimensionnalité frontale, le regard plonge dans une fascinante narration fourmillant de détails, dans une dramaturgie pleine d'humour et de tension, accentuée par la monochromie révélant avec force les ombres et les lumières dans les creux et les pleins des reliefs.
Paul DAY représente l'Homme avec un accent sarcastique et quelque peu caricatural, se référant à un Daumier ou à un Grosz. Il fait le portrait de l'homme en action, au travail, dans la vie quotidienne, dans son environnement.
Fasciné par l'architecture urbaine, imposante, étourdissante, répétitive, rythmée, mouvementée; il décrit, avec un réalisme et une véracité presque terrifiants, une scénographie de la vie, un ballet, en plusieurs actes, du quotidien.
Nous parcourons du regard son oeuvre, comme nous nous déplacerions dans une ville, croisant maints personnages, au détour des rues, les sens en éveil, et notre vision toujours exacerbée par l'oeil de l'artiste lui-même, qui, en observateur minutieux, nous attire dans des espaces vertigineux, et nous confronte à l'expression humaine dans sa quintessence.