Les peintures récentes de Francine Van Hove représentent des jeunes femmes en tête-à-tête avec des livres, en conversation confidentielle dans une salle de bain ou dans un jardin l'été, ou bien se contemplant dans des miroirs. Intimité, comme d'habitude.
Chaque nouvelle exposition du peintre est l'occasion d'une recherche particulière. Le titre "Des livres et des lampes " tente de répondre à cette question : que se passe-t-il - d'un point de vue pictural - avec les jeunes femmes qui servent de modèles au peintre quand celle-ci les fait poser en train de lire ou d'écrire dans le sur-isolement d'une lampe de bureau ? Les paupières baissées ou la fixité des regards font taire les visages ; les mains, en cachant une partie de ces visages, imposent l'entrelacement dansant ou architectural de leurs doigts en avant-scène ; les ombres et reflets sur les peaux claires précisent quand a lieu l'action : à ce moment fugace qu'on appelle l'heure bleue et où les valeurs froides du dehors peuvent venir se combiner en douceur avec les roses et les orangés électriques sur la sculpture des corps.
L'exposition fait ainsi une large place à la couleur et, parmi les dessins, figurent des pastels relativement plus nombreux que d'habitude et présentés en contre-point libre et spontané aux peintures.
La rencontre avec les tableaux de Van Hove est pour nous l'occasion de constater que la tradition de l'art figuratif reste bien vivante. On s'extasiera, bien sûr, sur le métier de l'artiste, sur l'extraordinaire fini visuel - et tactile - de sa peinture. Mais on se demandera une fois encore comment, malgré une exécution dont on se doute qu'elle a exigé beaucoup de temps et de patience, Van Hove arrive à sauvegarder le naturel et la fraîcheur des attitudes de ses personnages. La réponse est : le dessin. Au commencement de ce genre de peinture est le dessin, toujours. C'est-à-dire la capacité à capturer le mouvement en quelques traits autoritaires, comme on attrape des papillons.
On peut ainsi vérifier devant ses tableaux que c'est bien dans l'Italie du XVIe siècle que Van Hove a appris à dessiner, comme beaucoup d'autres avant elle, Degas pour ne citer que lui parce qu'elle l'apprécie entre tous et multiplie d'ailleurs les hommages à son endroit. Que c'est donc bien aux Renaissants Italiens qu'elle doit son dessin, mais que c'est en revanche chez les Flamands qu'elle a appris à peindre et a acquis sa technique des glacis et son souci du détail.