L'art de Zoltán Zsakó est inclassable.
Sculpture donc puisque ses uvres sont en relief, dessin aussi par la finesse du trait mais c'est surtout une écriture. Écriture qui aurait oublié les mots pour céder directement la place des images reliées entre elles par des paraphes exubérants, ultimes vestiges d'une langue à jamais disparue.
Son uvre est une fantaisie totale puisqu'elle est un répertoire dévoilé de fantasmes. Jérôme Bosch revisité par Dali mais, à l'inverse de ceux-là, Zoltán ne croit pas à un Dieu vengeur. Il n'admet ni l'enfer, ni la faute originelle. Tout est Paradis. Même lorsqu'il représente le Mal ou la violence, ses élégantes créatures s'étripent et se décapitent allègrement, certaines de bénéficier d'une inaltérable rédemption.
De ce fait il émane de ses créations un extraordinaire sentiment de liberté. Liberté du style appliqué à un monde imaginaire d'où toute contrainte est abolie. L'humour constant de cette représentation, parfois soulignée par un titre incongru, accentue sa vision édénique. On se prend à penser que cette vie d'éternelle jouvence et de symbiose avec les bêtes existe quelque part dans une sorte de liquide amniotique universel, un girond cosmique et généreux où, seul, Zoltán a su pénétrer.
Gérard Landrot
Biographie
Sculpteur français d'origine hongroise, né le 3 février 1954 à Kolozsvár (Cluj) en Transylvanie. Après son diplôme de l'Ecole Supérieur des Beaux-Arts de Kolozsvár, il devient conservateur de la collection d'" ex-libris " du Musée des Beaux-Arts de Nagyvárad (Oradea).
Installé depuis 1982 à Paris, il expose régulièrement ses uvres et a également réalisé plusieurs commandes publiques à Paris, notamment un bas-relief pour l'obélisque de la place des Fêtes et une création monumentale dans le hall de la Maison de la Chimie.